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Vice Versa

21 Juillet 2015 , Rédigé par Manon

Le dernier Pixar est une petite merveille ! Voilà quelques années que le studio ne nous avait pas offert un aussi joli moment.

C'est en voyant sa fille entrer dans l'adolescence que le réalisateur, Pete Docter (à qui l'on doit également Monstres & Cie et Là Haut) trouve l'idée du scénario : nous voici dans le cerveau d'une petite fille, Riley, dans lequel cinq Émotions (Joie, Colère, Tristesse, Dégoût, Peur) gèrent ses sentiments et souvenirs dans la Mémoire centrale. Ces cinq Émotions cohabitent et permettent à Riley de grandir et d'affiner ses goûts (la présence de cinq centres d'intérêt: famille, hockey...). Mais un jour, Riley et ses parents déménagent.

Ça peut paraître compliqué comme ça sur le papier, mais c'est limpide à l'écran. On entre très facilement dans le monde de Riley et on se régale de voir les cinq petits personnages gérer les situations de la vie d'un enfant ! N'avoir choisi que cinq émotions peut paraître simpliste, certes, mais cela permet de ne pas trop s'éparpiller ni de complexifier le film. D'autant que le cœur de Vice Versa se trouve dans la relation entre Joie et Tristesse, qui, par un malheureux concours de circonstances, se retrouvent loin de la Mémoire centrale. Elles vont devoir traverser un tas d'embûches pour retourner dans le « cerveau » de Riley et comprendre qu'il n'y a pas de joie sans tristesse, que les deux vont de paire.

Vice Versa est très drôle et émouvant, la marque de fabrique des très bons Pixar, et sort de l'ordinaire. Ce dessin animé séduira tout autant les enfants que les grands, avec notamment la très bonne idée d'entrer, lors d'une scène, dans les pensées des parents et de Riley.

Vice Versa

Kidnapping Mr. Heineken

21 Juillet 2015 , Rédigé par Manon

Sorti directement en dvd, Kidnapping Mr.Heineken raconte l'enlèvement de Mr.Heineken (oui oui, le petit fils de celui des bières du même nom) en 1985 par des jeunes voyous demandant une rançon de 35 millions de florins. Et c'est une histoire vraie.

Sur le papier, on s'attend à une mauvaise blague, un énième film de braquage vu et revu. Après vision, ce n'est pas un mauvais film, loin de là, cela restera probablement un film mineur, certes, mais qui se laisse regarder. S'il reste beaucoup trop classique pour nous emballer complètement (on pense au très beau Rapt de Lucas Belvaux), le réalisateur, Daniel Alfredson, (à qui l'on doit Millenium 2 et 3, ainsi qu'une partie de la saison 1) réussit à distiller du suspense, notamment sur la fin. Le kidnapping est bien mené, efficace, la réalisation correcte. Les acteurs (Jim Sturgess, Sam Worthington, Ryan Kwanten...) ne sont pas très charismatiques mais se débrouillent en voyous loin d'être stupides mais dépassés par les évènements. On est heureux de retrouver Anthony Hopkins dans le rôle du petit fils de Heineken, même si celui ci n'est pas assez exploité.

Dvd reçu dans le cadre de l'opération Dvdtrafic par Cinetrafic

Kidnapping Mr. Heineken de Daniel Alfredson

Edité par M6-SND - Date de sortie en DVD : le 3 juin 2015

Retrouvez d'autres films sur Cinetrafic, avec un peu d'action ou autres !

Kidnapping Mr. Heineken

Frank

16 Juillet 2015 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Les bons films (**)

"Frank", quatrième film de Lenny Abrahamson, surprend pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce que le héros,Frank, leader d'un groupe de musique indé expérimentale, porte une (grosse) tête en papier mâché (inspiré du vrai Chris Sievey qui créa le personnage de Frank Sidebottom). Ensuite, parce que le film est inclassable, n'est jamais ce que l'on croit qu'il est, passant de la comédie au drame, abordant les thèmes de la musique, de la difficulté d'être reconnu (et du besoin parfois maladif d'être reconnu comme une "star") dans cette société qui broie l'humain, des illusions et de la désillusion, du droit à la différence.

Frank n'est pas vraiment le héros du film, même si celui porte son nom, et qu'il captive le public par son mystère (qu'y-a-t-il sous cette tête en papier mâché et surtout, pourquoi ? on suppose qu'il est complexé car il garde la tête sur lui même dans la douche). Lui et son groupe nous sont introduits par le regard de Jon (Domhnall Gleeson), qui devient le personnage pivot du long métrage : jeune homme musicien écrivant des chansons dans sa chambre, rêvant à la célébrité, qui, par un heureux concours de circonstances, devient clavier dans le groupe de Frank. Deux visions de la musique entrent alors en collision : celui de Jon, qui veut être connu en écrivant des tubes pop qui plaisent au public et celui du groupe de Frank, The Soronprfbs, qui ne cherche pas la reconnaissance de l'autre mais le plaisir de faire la musique, ici plutôt expérimentale.

C'est cette dualité que Lenny Abrahamson cherche à filmer. Lorsque les membres du groupe s'isolent à la campagne pour faire de la musique, un glissement se produit : on voit petit à petit Jon imposer sa vision de la musique aux autres, à l'aide de tweets et followers et de tensions avec Clara (Maggie Gyllenhaal) qui ne voit pas d'un bon oeil le rapprochement entre Frank et Jon. Jon ne comprend pas que Frank puisse faire de la musique sans forcément vouloir être écouté, reconnu par le grand public. A travers les tensions qui ne tardent pas à éclater entre les membres du groupes, "Frank" aligne doux moments de folie, rires, poésie, se perd aussi un peu en chemin, le rythme s’essoufflant.

Il faut saluer les épatants acteurs, notamment les méconnus Maggie Gyllenhaal et Scoot McNairy (excellent dans la très bonne série Halt and catch fire). Mais c'est surtout le duo de tête qui fait des étincelles : le jeune Domhnall Gleeson, qui a une belle carrière devant lui, et l'immense Michael Fassbender, qui réalise le défi de jouer sans son visage, en conservant son charisme sans faille.

"Frank" est un joli film, original bien qu'un peu lent et avec quelques coups de mou, qui manque malheureusement d'émotions pour nous toucher pleinement. Cela vaut tout de même de s'y arrêter !

Dvd reçu dans le cadre de l'opération Dvdtrafic par Cinetrafic

Frank de Lenny Abrahamson

Edité par KMBO Cinéma, sa page Facebook et son site officiel

Sortie du film en DVD et Blu-ray le 7 juillet

Sur Cinetrafic, n'hésite pas à retrouver les autres films dans la veine tragi-comique ou d'autres films sortis récemment.

Frank

Ardor

10 Juillet 2015 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Très moyen tout ça (*)

Le dernier film en date de Pablo Fendrik, Ardor,présenté en séance spéciale au Festival de Cannes en 2014, fait partie de ces films qui sur le papier attirent, mais qui se révèlent au final décevant. Ardor n'aura d'ailleurs pas bénéficié d'une sortie en salles, mais d'une sortie direct en DVD.

Dans Ardor, Kaï (Gael Garcia Bernal) un jeune homme discret et solitaire, travaille dans une ferme de tabac. Un jour, une bande de mercenaire attaque la ferme, tue le propriétaire enlevant sa fille, la belle Vania (Alice Braga), sous les yeux de Kaï, caché. Celui-ci décide de les venger et de retrouver Vania.

Ce western argentin, s'il est beau esthétiquement, s'avère vite ennuyeux. C'est bien dommage car l'histoire était intéressante (on y entrevoit une dénonciation des mercenaires prêts à tout pour récupérer les terres des paysans), les décors de la forêt tropicale propice à un jeu de cache-cache/massacre nerveux et prenant, et les acteurs plutôt bons (Gael Garcia Bernal, Alice Braga, Claudio Tolcachir, Jorge Sesan). Mais la sauce ne prend pas car Ardor a trop peu d'ardeur : les scènes s'étendent sans qu'il se passe grand chose, le héros pieds nus et mutique désintéresse rapidement.

Cet hommage contemplatif aux maîtres du genre, Sergio Leone et Sam Peckinpah, reste assez creux, malgré de belles images, et ne convainc guère. Dommage.

Dvd reçu dans le cadre de l'opération Dvdtrafic par Cinetrafic.

Ardor de Pablo Fendrik

Edité par Bac Films, dvd sorti le 16 juin 2015 - Bac Boutique et page Facebook

N'hésitez pas à aller sur Cinétrafic pour trouver plus de films et des BA de films !

Ardor

White Bird

14 Mai 2015 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Les très bons films (**-***)

White Bird

Gregg Araki revient à ses thèmes de prédilection (passage à l'âge adulte, sexualité) avec White Bird,adapté d'un roman de Laura Kasischke, White Bird in the Blizzard. Si l'histoire est moins débridée que Kaboom ou Smiley Face et moins sombre que Mysterious Skin, le cinéaste américain sait toujours filmer la jeunesse qui bouillonne, fragile et forte à la fois. Tout en conservant sa "patte", ce mélange de réalisme et d'irréalisme: les scènes de la mère de Kat, pleines de couleurs vives, ont l'air d'être un rêve, une sorte de "rêve ouaté".

Ici, le drame côtoie le polar : un soir en 1985, la mère de Kat disparaît, laissant derrière elle ses affaires ainsi que son mari, inconsolable, et sa fille de 17 ans. Celle-ci analyse froidement la situation devant sa psy, pense que sa mère est partie car elle ne supportait plus son mari, qu'elle méprisait. Si sa mère lui manque ? Non, pas vraiment. Pourtant des rêves étranges commencent à peupler ses nuits. Le portrait de sa mère et leur relation se dessinent à travers des flash-backs, lorsque Kat parle à sa psy. L'héroïne va également commencer à réfléchir à la disparition de sa mère.

Si aux premiers abords le drame a l'air lisse, classique, il n'en est rien. Ce tableau de la vie américaine des années 80 se révèle bien plus noir que prévu. Araki filme les questionnements d'une jeune fille en pleine découverte de sa sexualité et de son pouvoir d'attraction, et en parallèle, la dépression d'une desperate housewife frustrée, enfermée dans une cage,qui voudrait plaire encore, qui sent sa beauté, sa jeunesse se faner. Les hommes sont également représentés, mais en second plan : le petit copain qui vit en face, le père, l'inspecteur de police. Tous trois convergent vers Kat et participent à son évolution, sa construction en tant que femme et son émancipation.

Mais si White Bird séduit, c'est surtout grâce à ses personnages, Kat et sa mère, et ses deux actrices, les impressionnantes Shailene Woodley et Eva Green. Cette dernière confirme qu'elle est décidément une grande actrice - n'en déplaise à certains. Elle dévoile ici toute l'étendue de son talent, tout à la fois femme frustrée, mère vieillissante et jalouse face à la jeunesse et la beauté de sa fille, dans ce qui est un de ses meilleurs rôles.

Arpès 4 ans d'absence, Gregg Araki revient en très grande forme dans un cinéma moins survolté et déjanté que ces précédents films. Mais toujours très fort. Durant 1h30, White Bird nous plonge dans les années 80, minutieusement reconstituées, avec Kat, héroïne qui s'interroge sur la disparation de sa mère. C'est beau, intense et d'une grande classe.

Hawking

29 Avril 2015 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Les bons films (**)

Hawking

Avant le raz de marée Eddie Redmayne (Oscar du meilleur acteur 2015) dans Une merveilleuse histoire du temps, la BBC avait déjà adapté la vie de Stephen Hawking dans un film sobrement intitulé “Hawking”. Interprété par le quasi-inconnu à l’époque Benedict Cumberbatch, aujourd’hui star mondialement connue (Sherlock, série BBC, à découvrir si ce n’est déjà fait, Parade’s End). C’était il y a 10 ans. A l’occasion de cette nouvelle adaptation de l’autobiographie “Une brève histoire du temps”, la BBC et Koba Films ré-éditent le film de Philip Martin.

Celui-ci a un peu vieilli, tout comme Cumberbatch, mais cela reste néanmoins de très bonne facture. “Hawking” se concentre sur la jeunesse de Stephen, étudiant à Cambridge. On le suit de sa rencontre avec Jane Wilde (sa future femme) au début de sa maladie, rapidement diagnostiqué comme la maladie de Charcot, qui le paralysera petit à petit. Malgré cela, le jeune homme se lancera dans la recherche, en collaboration avec Roger Penrose notamment (théorème des singularités, théorie des trous noirs).

Le film, qui dure seulement 1h30, permet à tous ceux qui ne connaissent pas le travail le Hawking ni ses théories de se familiariser avec. On apprécie l’équilibre histoire d’amour + suspense (même si on connaît l’histoire de Stephen Hawking, on est rapidement pris dedans) + recherches scientifiques. Mais c’est la prestation de Benedict Cumberbatch qui impressionne. Celui-ci peut décidément tout jouer ! On y croit, qu’il joue un gentil ou un méchant, il a cette faculté à se glisser dans les rôles et à leur donner chair. Un Oscar prochainement qui sait ?

On peut remercier la BBC qui livre d’année en année des adaptations de qualité, notamment historiques (Little Doritt, Orgueils et préjugés et tous les Jane Austen, Tess d’Ubervilles, Nord et Sud…). Hawking séduira les fans du scientifique et de Benedict Cumberbatch mais aussi ceux qui - comme moi - n’y connaissent pas grand chose mais souhaitent embarquer dans cette aventure !

Hawking, de Philip Martin, sortie en DVD le 4 février 2015

DVD reçu dans le cadre de l'opération Dvdtrafic par Cinétrafic

Edité par Koba Films : Site web et Page Facebook

Sur Cinétrafic, retrouvez également :les meilleures séries du moment et des films romantiques là !

Le Médecin de famille

3 Avril 2014 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Les très bons films (**-***)

Lucia Puenzo aime les univers troubles. En adaptant au cinéma son roman Wakolda (Le médecin de famille en France), elle filme un homme, un médecin allemand, qui s’installe dans l’hôtel qu’une famille argentine tient en Patagonie en 1960. Celui-ci s’immisce petit à petit dans cette famille tranquille et va s’intéresser plus particulièrement à Lilith, leur fille de 12 ans qui est plus petite que son âge. Sauf que la famille est en danger, puisque ce médecin est un des plus dangereux criminels de guerre nazi…

La jeune réalisatrice filme à hauteur d’enfant, c’est là la beauté de son cinéma. Dans XXY, elle nous montrait une jeune adolescente qui cache un lourd secret (elle est hermaphrodite). Ici, elle se concentre principalement sur Lilith, pré-adolescente coincée dans le corps d’une enfant, qui découvre ici ses premiers émois amoureux, moquée par ses camarades de classe car plus petite que la normale (donc différente) et fascinée par cet homme, Josef Mengele. Sans rien savoir du danger qui la guette, elle accepte de suivre un traitement pour accélérer sa croissance et devenir un “cobaye” du médecin. Si Mengele a vraiment existé, Lucia Puenzo invente sa rencontre avec cette famille argentine. Et comment celui-ci, obsédé par la perfection et le fantasme de la race aryenne, aurait pu observer ces êtres comme des rats de laboratoire et de se lancer dans la production de poupées “parfaites” (on sait tout de même que Mengele est réellement allé à Bariloche et y a conduit des expérimentations sur des animaux et femmes enceintes). Seules Lilith et sa mère ont confiance en cet homme, alors que le père est très vite méfiant ainsi que Nora, bibliothécaire-photographe. On découvre également que l’Argentine était dans les années 60 un lieu plutôt “tranquille” pour les nazis car protégés par des réseaux et une population allemande.

La relation entre Lilith et Josef est le point fort du film. Ils s’attirent et se fascinent, Mengele voulant rendre la jeune fille “parfaite” (ici, la faire grandir), tout comme sa poupée Wakolda (la visite de l’usine à poupée est une sorte de cauchemar éveillé ressemblant étrangement aux camps de concentration). Lilith sent bien que cet homme est trouble, mais elle se laisse faire, elle prend ses “médicaments” en espérant grandir pour devenir ce que la société (les autres enfants) et lui, Mengele, voudrait qu’elle soit.

Lucia Puenzo signe un bon film, un thriller tendu porté par des acteurs excellents (Alex Brendemühl, Natalia Oreiro, Florencia Bado...). Seul petit point noir, selon moi : la réalisatrice reste assez évasive sur le personnage de Mengele (qui donne évidemment un autre nom à la famille) pour accroître la tension et ne dit jamais réellement qui il est (bien que l’on comprenne dans les grosses lignes d’où il vient et ce qu’il a fait). Donc, quand on ne connaît pas Josef Mengele on a parfois un peu du mal à saisir la monstruosité et l’atrocité de cet homme. A part ça, très bon long-métrage, preuve de l’excellente santé du cinéma argentin !

Dvd reçu dans le cadre de l'opération Dvdtrafic par Cinetrafic. Encore une fois, merci !

Le Médecin de famille de Lucia Puenzo

Sortie en DVD le 7 mars

Distributeur Pyramide Films (leurpage Facebook)

Visitez Cinetrafic, vous y trouverez les meilleurs films 2014 ainsi que la catégorie dessin animé 2014.

Le Médecin de famille

Les Rencontres d'après minuit

13 Mars 2014 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Les très bons films (**-***)

Les Rencontres d'après minuit

J’ai rencontré Yann Gonzalez il y a quelques années. De ce jeune cinéaste je ne connaissais que deux court-métrages, By the Kiss (2005, 5 minutes, une merveille) et Entracte (2007). A l’époque, il m’avait dit avoir du mal à réunir les financements pour son premier long métrage. Pourtant, il a réussi, comme je l’ai découvert il y a quelques mois en ouvrant Les Cahiers du Cinéma : “Les Rencontres d'après minuit” sortira en novembre 2013.

Le film se déroule la nuit. Un couple évanescent et sa gouvernante (un travesti) attendent des invités pour une partouze, après minuit. Sont attendus la Chienne, l’Adolescent, l’Etalon et la Star. Les invités arrivent…

Mort, sexe et désir sont les maîtres mots de ce long-métrage de Yann Gonzalez (voir même de son oeuvre). Le film se veut provocateur mais au final, hormis le (faux) pénis énorme de l’Etalon (Eric Cantona), nous ne verrons rien. De quoi en décevoir peut-être certains. Cette orgie est évidemment le prétexte pour la rencontre entre ses personnes qui vont peu à peu dévoiler leurs failles, leurs douleurs, leurs désirs. Des personnages qu’on pourraient penser vampires (l’immortalité du couple par ex.) ou fantômes : dès que le jour apparaît, chacun disparaît,

Rapidement le film invite les différents convives à se raconter à travers des souvenirs/rêves qui s’emboîtent. On passera ainsi d’une séquence (culte) SM où Béatrice Dalle, en commissaire de police, fouette Eric Cantona en slip (puis vice-versa) à un conte mythologique à la Rohmer sur l’amour fou. Tout ça dans des décors en carton pâte, à l’artificialité assumée. Si au début on est perplexe, on se laisse doucement séduire par les personnages (les acteurs sont formidables, j’y reviendrais), les dialogues érotico-poétiques, le juke-box sensoriel et évidemment, la formidable musique de M83 (groupe dont le compositeur est Anthony Gonzalez, le frère du réalisateur).

Parsemé de références en tout genre, dont le cinéma bis et les 80’s (Albator, Cocteau, De Palma, Eric Rohmer, The Breakfast Club...), Les Rencontres d’après-minuit est un premier long-métrage déroutant, voulant parfois trop en dire ou trop en faire. C’est drôle, kitsch, provocateur, rêveur, orgiaque, poétique mais aussi fantasmé, émouvant, très sombre (la scène de la “mort” qui vient frapper à la porte est magnifique).

Si le film fonctionne plutôt bien, c’est aussi grâce à son casting impeccable : le couple Niels Schneider/Kate Moran (et son accent anglais superbe), Alain-Fabien Delon (le fils de…, très charismatique), Julie Brémond, Fabienne Babe, Eric Cantona, Nicolas Maury et Béatrice Dalle. Ils traversent avec élégance ce film hybride, même lors de scènes provocatrices ou grotesques (on pense à celle de Cantona se plaignant de son pénis trop gros qui l’évince complètement).

Si le film débute comme une promesse de sexe torride et déchaîné, il se révèle au final, un film d’amour. La dernière scène du film, émouvante, à l’aube, lorsque les corps se séparent, en est la (belle) preuve. Les Rencontres d’après-minuit ne manquera pas de séduire comme de déstabiliser. Il reste néanmoins une oeuvre étrange qui ouvre les portes du 7e art à un jeune réalisateur plein d’avenir.

Les + : le coffret DVD/Blu-ray/CD est superbe. Le distributeur Potemkine a fait du très bon travail ! En plus du film (DVD/BR) vous trouverez le CD de la bande-originale de M83. Outre le film, c’est avec un grand plaisir que l’on regarde les 4 courts-métrages du jeune cinéaste (By the Kiss, Les Astres noirs écrit pour Julien Doré, Nous ne serons plus jamais seuls, Land of my dreams). De quoi découvrir ou redécouvrir l'univers singulier de ce jeune auteur. Egalement quelques scènes coupées commentées et les essais costumes. Beau travail !

DVD reçu dans le cadre Dvdtrafic par Cinétrafic. Un grand merci !

Visitez Cinetrafic que vous soyez plus film de zombie ou dessin animé.

"Les Rencontres d'après minuit" de Yann Gonzalez

Distribué par Potemkine - Page Facebook

Sortie du coffret le 4 mars 2014

Les Rencontres d'après minuit

Northwest

9 Mars 2014 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Les très bons films (**-***)

Le cinéma danois a de beaux jours devant lui. Digne héritier de Nicolas Winding Refn, Michael Noer signe un second film puissant. Northwest est un bon polar, excellent même. Outre sa dimension social et son regard glaçant (mais non dénue d'émotions) sur ces personnages, il bénéficie d'une solide mise en scène.

Casper est un jeune homme de 18 ans qui vit avec son frère de 17 ans, sa petite soeur et sa mère. Il arrive à gagner un peu d'argent en volant des objets de valeur qu'il revend ensuite à un type de son quartier. Un jour, un homme, Bjorn, l'approche pour lui demander de lui revendre directement du matériel volé. Casper le rencontre et découvre une mafia qui sévit dans la ville (prostitution notamment). Ambitieux, le jeune homme décide de monter les échelons et de se faire "une place au soleil".

Portrait d'une jeunesse danoise en perte de vitesse et de repères, Northwest prend place dans un des quartiers les plus pauvres de Copenhague (Nordvest en danois), quartier également multi-culturel (ce qui est bien représenté dans le film). On y découvre rapidement Casper, sa famille (pas de père, absence qui est la pierre angulaire du film), ses petites arnaques, ses amis. Pas un mec super bien, mais pas un mauvais bougre non plus (attitude très paternelle envers sa petite soeur et son frère notamment). Michael Noer évite donc clichés du genre, misérabilisme et traitement manichéen des personnages : il tisse avec finesse la relation entre Casper et Bjorn (qui représente la figure du père que le jeune homme n'a pas eu) puis la bascule dans ce monde cruel jusqu'au point de non-retour. Le réalisateur embrasse le point de vue de Casper, son manque de recul, de jugement. Le spectateur est rapidement pris à la gorge, au fur et à mesure que le héros s'enfonce dans les bas-fonds de la ville, qu'il se mêle à ce réseau de prostitution, que l'on sent des ombres lui courir après et se rapprocher inexorablement (Jamal et son gang). Casper est pris dans cette toile, entraînant son frère avec lui. La caméra se fait de plus en plus nerveuse. Si au début le quartier était en apparence calme, il semble "exploser" au fil du récit (violences, racisme, coups de feu....).Pour l'argent, ces hommes sont prêts à tout. Mais lorsque Casper s'en rend compte, il est déjà trop tard (la scène finale est haletante, tendue mais également émouvante).

Film de gangsters, à la fois polar et drame social, Northwest se veut miroir d'une jeunesse et d'un quartier laissés pour compte. Outre le talent de Michael Noer, il faut saluer son casting, quasiment constitué d'acteurs non-professionnels, et surtout le duo Gustav Dyekjaer Giese (Casper) et Oscar Dyekjaer Giese (Andy), frères dans le film et dans la vie. Qu'une belle carrière les attendent tous, ils le méritent.

DVD reçu dans le cadre de l'opération DVDtrafic. Merci à Cinétrafic !

Visitez Cinetrafic et retrouvez y le classement en progression des meilleurs films 2014.

Editeur BAC Films

Bac Boutique et Page Facebook

Sortie en DVD et Blu-ray le 18 mars 2014

Northwest

Snowpiercer - Le Transperceneige

1 Novembre 2013 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Très bon film ***, #Bon Joon Ho

Snowpiercer - Le Transperceneige

Bong Joon Ho dynamite le monde de la SF avec l'adaptation cinématographique de la BD Le Transperceneige imaginée par Jean-Marc Rochette, Jacques Lob et Benjamin Legrand en 1984 (trois tomes réunis en un seul à l'occasion de la sortie du film). Le réalisateur coréen a qui l'on doit Memories of Murder et The Host met au service de cette histoire tout son savoir-faire pour un film futuriste hors du commun.

En 2031, nouvelle ère glaciaire, les seuls survivants de la planète vivent dans un train qui ne s'arrête jamais. Un système de castes s'est mis en place au grand dam d'une partie des passagers : les plus pauvres vivent dans le dénuement le plus profond à l'arrière du train, tandis que les plus riches vivent la grande vie à l'avant. Mais des hommes décident de se lever face à cette injustice.

Sur le papier, le pitch est assez conventionnel et manichéen. Que cela ne vous empêche pas d'y aller, la vérité est tout autre ! Le point de départ classique (une lutte des classes qui débouche sur une rébellion) va mettre en branle un huit-clos ultra-violent qui se fait critique et rue dans les brancards du politiquement correct. Ultra-violent et ultra-stylisée, l'oeuvre de Bong Joon Ho nous en met plein les yeux et nous colle au fauteuil. Le réalisateur arrive avec brio à mêler spectaculaire, action et explosion et réflexion, philosophie et humanité. Snowpiercer ne ressemble à rien, fabrique ses propres références, alterne scènes de massacre et dialogue poignant sur une humanité perdue, fascine autant qu'il peut parfois dégoûter, tout cela en maintenant une cohésion et une ligne directrice qui évite les écarts. Esthétiquement, c'est magnifique - des paysages gelés de la terre aux différents wagons du train ayant chacun leur univers - , et le casting est impeccable : Chris Evan, John Hurt, Tilda Swinton (épatante), Ed Harris, Olivia Spencer, Jamie Bell et Song Kang-Ho et Ko Asung, duo hyper charismatique.

Bong Joon Ho ne s'embarrasse d'aucun sentimentalisme et va jusqu'au bout de cette quête humaine, laissant derrière ses héros une rivière de sang et un goût de soufre dans la bouche. Franchement, courrez-y !

Snowpiercer - Le Transperceneige

Enfance Clandestine

30 Octobre 2013 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Les bons films (**)

Benjamin Avila passe directement dans la cour des grands avec Enfance Clandestine, son premier long de fiction (il a d’abord réalisé un documentaire). Enfin, fiction mais pas tant que ça, puisque le film “tiré de faits réels” puise dans ses propres souvenirs et sensations, et prend place pendant la dictature latino-américaine en Argentine 1979: les parents du héros sont des militants montoneros exilés à Cuba qui décident de revenir dans leur pays d’origine pour lancer une contre-offensive.

C’est à travers Juan que le film se déploie et que l’on découvre les enjeux. Traqués par la police, lui, ses parents, sa petite soeur et son oncle, se cachent dans une maison où leurs camarades et famille ne peuvent venir que les yeux bandés et cachent leurs armes dans des boîtes de cacahuète en chocolat. Juan devient Ernesto et doit cacher son identité, ne pas se trahir. Ce qu’il prenait comme un jeu au début va devenir de plus en plus lourd et l’atmosphère est de plus en plus tendue. On sent le respect et l’amour qu’à Benjamin Avila pour ces militants, ce père et cette mère, aimants (gros plans sur leurs visages, leurs étreintes), mais son recul d’adulte aujourd’hui voit également comment l’enfance de ce petit garçon a été sacrifié. C’est là toute l'ambiguïté du film et qui le rend si bouleversant. La scène entre la grand-mère de Juan et sa mère est déchirante : se heurte bruyamment, sauvagement, l’amour d’une grand-mère et d’une mère, l’une voulant protéger ces petits-enfants d’un danger, d’une mort qui approche de plus en plus vite, l’autre refusant qu’on lui vole son rôle de mère.

Le film raconte le parcours initiatique entre l’enfance et l’âge adulte d’un petit garçon et fait en filigrane le portrait de l’Argentine des années 1970. Juan va à l’école, fête son anniversaire (à une date qui n’est pas la sienne, mais celle de ce Ernesto), tombe amoureux de la gracieuse Maria...Il veut vivre comme un enfant “normal” mais les sirènes de police et les hommes qui tombent autour de lui l’en empêchent. Lorsque ses parents l’interdisent de retourner à l’école (trop dangereux, le filet se ressert autour d’eux), Juan décide de choisir l’amour et dans un geste de révolte, prend son sac et court chez Maria. Il lui parle de Brésil, de partir, de s’aimer, de grandir sans adultes, de ses idéaux à lui. Mais la réalité le rappelle à l’ordre. La fin se précipite sur eux et laissera des larmes et du vide. Si les thèmes du militantisme et de la clandestinité chargent en tension ce film, c’est l’histoire d’amour entre ces deux enfants qui apporte innocence et pureté. Avoir pris comme point de vue ceux des enfants, et non des adultes, - comme c’est souvent le cas - (Wes Anderson l’a fait récemment avec Moonrise Kingdom) , apporte une touche de fraîcheur, d’originalité et d’émotion.

La réalisation de Benjamin Avila, sensorielle et sensible, plonge le spectateur dans l'histoire de ce jeune garçon. La musique, magnifique, apaise la dureté du propos. Et quand la violence est trop forte, les images “réelles” se transforment en dessins : on est ainsi immergé dans l’esprit de Juan, tentant d’échapper à la violence qui l’entoure en l’atténuant par des "coups de crayons".

Enfance Clandestine que l’on a qualifié de meilleur film latino-américain 2013 et qui a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs 2012, est une claque, un récit poignant, porté par des acteurs fabuleux et un scénario tendre et violent à la fois. A ne pas rater !

DVD reçu dans le cadre de l'opération DVDtrafic par Cinetrafic. Un grand merci !

Enfance Clandestine de Benjamin Avila

DVD sorti le 1er octobre, distribué par Pyramide Films

Sur Cinetrafic :

Film fantastique 2013

Film guerre 2013

Enfance Clandestine

The Iceman

28 Octobre 2013 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Les bons films (**)

Martin Scorsese n'aurait pas renié ce Iceman, plongée trouble et sur le fil du rasoir dans la vie de Richard Kuklinski, tueurs à gages dans les années 70. C'est pourtant au quasi inconnu Ariel Vromen que l'on doit ce polar seventies noir et glaçant qui fait partie des bonnes surprises de l'année.

On a pourtant déjà vu de nombreux films "tirés de faits réels" retraçant la vie de "anti-héros" (assassins, serial killers, tueurs à gages, cambrioleurs et j'en passe), s'attachant à vouloir les comprendre, raconter leur vie. Il n'est donc pas toujours facile de se faire remarquer. Pourtant Ariel Vromen s'en sort avec les honneurs, conjuguant sobriété bienvenue (pas de mélo, pas d'effusions de sang à tout va) et noirceur glaçante (Richard Kuklinski est d'une insensibilité flippante).

Le choix du réalisateur sera d'équilibrer les scènes intimistes, avec sa famille, et sa vie de tueur à gages, ce qui permet de conserver une certaine de neutralité. Ariel Vromen ne cherche pas à le défendre, ni le condamner, mais de montrer comment un homme ultra-violent (il congelait ses victimes pour que la police ne sache pas l'heure de la mort, d'où le surnom "Iceman") a réussi à être un père de famille "normal" durant plusieurs années. Cela pourra déstabiliser les spectateurs qui s'attendrait à une biographie en bonne et due forme : le film est assez gourmand en ellipses et survole beaucoup d’éléments et de meurtres de the Iceman (c'est d'ailleurs le plus gros reproche du film). On se souviendra néanmoins longtemps de la course poursuite en voiture et du pétage de plomb chez lui du personnage principal, sommets nerveux et haletants.

S'il ne s'attache pas à tout dévoiler de la vie de cet homme, monstre de violences le jour et père aimant le soir, The Iceman est de bonne facture même si manquant de profondeur. Pourquoi donc le film sort-il vraiment du lot? Allez, abattons l'atout: le casting, ou plutôt Michael Shannon. Acteur exceptionnel, brûlant d'une colère sourde, d'une violence réprimée, yeux de glace et mâchoire serrée, puis explosant au grand jour, magnétique. Autant dire que l'acteur (déjà vu dans Take Shelter, Mud et la série Boardwalk Empire) est le souffle puissant du film, l'emportant d'un seul regard vers un autre niveau. On sera également heureux de retrouver Winona Ryder, excellente en femme aveuglée par l'amour, Ray Liotta, James Franco, David Schwimmer et Chris Evans en second rôles sympathiques.

DVD reçu dans le cadre de Dvdtrafic, organisé par Cinetrafic.

The Iceman de Ariel Vromen

Sortie du DVD/Blu-ray le 09 octobre

Distribué par Metropolitan Filmexport

Mot clés : Filmaction 2013

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The Iceman

Les Ames Vagabondes

2 Septembre 2013 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Très moyen tout ça (*)

Saviez-vous que Stephenie Meyer avait écrit autre chose que la saga Twilight? Dans Les Ames Vagabondes, il n'est pas question de vampires mais d'extra-terrestres qui envahissent la Terre et prennent le contrôle des corps des humains. En effet, les "âmes" (des boules bleues brillantes de la taille d'une main) prennent possession des corps et remplacent leurs âmes. On peut les repérer grâce à leurs yeux qui brillent d'un éclat bleu surnaturel.

Ainsi, l'héroïne de cette nouvelle trilogie (un seul volume est sorti à l'heure aujourd'hui), Melanie Stryder est capturée au début du film. Mais malgré la présence de l'âme dans son corps, celle-ci se bat pour reprendre le contrôle. L'âme (surnommée Gaby), poussée par la forte présence de Melanie, s'enfuit et part retrouver Jared, l'homme que Melanie aime (vous suivez jusque là?)

C'est Andrew Niccol, un maître de la science-fiction (Bienvenue à Gattaca, dernièrement Time Out, moins bon mais correct) et réalisateur du petit bijou Lord of War (qui avait offert à Nicolas Cage un de ses meilleurs rôles depuis ses 10 dernières années) qui est aux manettes. Autant dire qu'on aurait espéré beaucoup beaucoup plus ! En effet, au début le film développe une intrigue d'anticipation classique mais qui tient la route jusqu'à ce que Gaby arrive chez les rebelles et retrouve Jared, l' "ancien" petit ami de Melanie, et Ian, qui n'est pas insensible au charme de Gaby. Un triangle amoureux se forme (tient ça vous rappelle pas quelque chose ?) et Gaby/Melanie passe une heure du film à papillonner et s'interroger entre ces deux garçons sans qu'aucune alchimie ne se forme. Pourtant Max Irons n'est pas mal, Saoirse Ronan joue très bien, mais cela est beaucoup trop artificiel pour être passionnel, trop niais pour vraiment nous séduire et nous convaincre de cet amour, sensé être plus fort que l'âme tentant de prendre le contrôle.

Les scènes de combats sont sympathiques, les décors bien faits, la photographie jolie, visuellement le film est plaisant à regarder. On regrettera juste une histoire d'amour prenant le dessus sur la partie SF, surtout quand on sait de quoi est capable Andrew Niccol, ici sous-employé. La fin qui laisse présager une suite donne quand même envie de connaître le futur de nos -désormais- 4 héros. Pas désagréable mais rien de bien stimulant ou renversant dans ce film plutôt destiné à un public adolescent. Pour les autres, essayez Elysium de Neill Blomkamp, plus désespéré et nerveux.

Dvd reçu dans le cadre de l'opération Dvdtrafic. Merci Cinetrafic !

Les Ames Vagabondes de Andrew Niccol

Sortie en DVD et Blu-ray le 17 août

Distributeur : Metropolitan Filmexport

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Les Ames Vagabondes

Voie Rapide

13 Juillet 2013 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Les bons films (**)

Le cinéma français est en bonne forme : Stéphane Brizé, Noémie Lvosky, François Ozon, Jacques Audiard, Rebecca Zlotowski, pour ne citer qu'eux, lui redonnent un nouveau souffle.

Parmi la nouvelle vague des jeunes cinéastes français, parlons de Christophe Sahr, ou plutôt de son premier long métrage, Voie Rapide, thriller dramatique porté par deux jeunes comédiens en puissance : Christa Theret et Johan Libéreau. Il y est question de tuning, de jeunesse, d'amour et d'amitié mais aussi de culpabilité, du passage à l'âge adulte, de deuil.

En posant sa caméra dans le petit appartement que partage le couple et leur petite fille, le réalisateur ancre son film dans une réalité sociale qui ni cliché ni nauséabonde. Le couple a un travail, lui possède même une voiture de tuning, bref ils s'en sortent même s'ils ont parfois du mal à joindre les deux bouts. Et puis un soir c'est le drame. Alex renverse un jeune homme sur une voie rapide. Pris de panique, il fuit et dès le lendemain va faire réparer l'impact sur sa vitre ("une biche s'est jeté sur ma voiture" explique-t-il). Il n'en parle ni à son meilleur ami, ni à sa copine. Mais la culpabilité commence à le ronger, surtout quand il lit dans les journaux que le garçon est mort.

Voie Rapide c'est d'abord le chemin - cahoteux, violent - que va devoir emprunter ce jeune homme pour grandir. Il va devoir apprendre à faire face à ses sentiments et ses devoirs (il est quand même père !), et à ne plus fuir. Cette fuite en avant culminera dans une scène sur l'autoroute où il tentera de rentrer dans la voiture de son meilleur ami avant de s'achever dans la maison qu'occupait, avant sa mort, le jeune homme qu'il a renversé. A travers le personnage de la mère du défunt (Isabelle Candelier, touchante), c'est évidemment la figure maternelle qu'il essaie de retrouver et c'est dans une belle étreinte maladroite que Alex se dévoile : il n'est qu'un petit garçon effrayé, à la recherche d'amour. C'est dans les bras de "la mère" qu'il va tenter de le trouver avant de réaliser que Rachel (Christa Theret, lumineuse) ne cherche qu'à le lui donner.

Même si les tons noirs et sombres dominent, c'est dans la lumière que le film se finira. Que quelques mots, à la fois banals et importants, seront dits ("Je t'aime"). Un beau premier film pour un jeune réalisateur promis à un bel avenir.

Voie Rapide de Christophe Sahr

Edité par Epicentre films

Sortie en DVD le 25 juin 2013

DVD reçu dans le cadre de l'opération Dvdtrafic par le site Cinetrafic. Un grand merci !

Autres films d'amour

Voie Rapide

Le Passé

21 Mai 2013 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Très bon film ***

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Je suis sortie de la séance du Passé d'Asghar Farhadi il y a peine une heure et il faut que je prenne le clavier tout de suite pour écrire quelques mots. Grande admiratrice du cinéaste iranien qui est pour moi l'un des plus grands de ce siècle (Les enfants de Belleville et Une séparation sont des chef-d'oeuvres), je ne pouvais que me précipiter sur son dernier film en compétition au Festival de Cannes. Autant dire que celui-ci est un concurrent plus que sérieux.

C'est l'histoire de Marie qui vit en France avec ses deux filles et son nouveau compagnon, lui aussi ayant un fils. Le film commence lorsque Ahmad, l'époux de Marie, arrive d'Iran chez eux après 4 ans de séparation pour signer les papiers du divorce. Le passé va les rattaper, chacun à leur manière. Voilà. Je ne peux vous en dire plus, ce serait vous gâcher le film. Sachez que Le Passé touche, bouleverse. Au fur et à mesure que Ahmad découvre la nouvelle vie de sa "femme", nous découvrons avec lui des secrets, un passé qui va resurgir et secouer les protagonistes de ce drame humain et réaliste. La mise en scène d'Asghar Farhadi, discrète et utilisant à merveille le hors champ (comme dans Une Séparation), met en avant la beauté fragile de Bérénice Béjo, exceptionnelle, et de ses deux partenaires, les excellents Tahar Rahim (Un Prophète) et Ali Mosaffa (Une Séparation). Il y a le passé de ce trio : un acte, un choix, une rencontre, une tache sur une robe, le regard d'un enfant, une femme, une maison, un amour éteint, des regrets...Chacun participe à un tout, une grande histoire, dans laquelle chacun amène ses choix, sa moralité, ses désirs, ses regrets pour mieux s'y confronter.
Pour son premier film français, le cinéaste garde le même sens du rythme et ses thèmes fétiches : les secrets, les mensonges, le passé, les conflits familiaux, l'amour, l'éducation des enfants...Comme dans ses précédents films, c'est l'arrivée d'un "intrus", d'une personne extérieure dans une famille, qui va mettre en avant les failles et les mensonges (voir La Fête du feu et Une Séparation). Les enfants ont également à nouveau des rôles forts, importants. Asghar Farhadi est l'un des rares réalisateurs à leur donner de la profondeur, à l'égal des adultes.

Le drame familial qui se noue dégage au fur et à mesure du récit une ampleur bouleversante, qui nous met K.O (la dernière scène est un uppercut en pleine face). La Palme d'Or? On en reparle dans quelques jours...

 

http://medias.unifrance.org/medias/16/134/99856/format_page/le-passe.jpg

Take This Waltz

13 Mai 2013 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Très bon film ***

 http://www.ifi.ie/wp-content/uploads/take_this_waltz-2.jpg

 

Avant tout, il faut parler d'elles. Deux femmes : Sarah Polley et Michelle Williams. L'une rousse, peau diaphane, discrète, qu'on ne verra pas mais qu'on sentira derrière chaque plan. L'autre blonde, éclatante, magnifique, qui bouffe l'écran à chaque plan, chaque regard, de fait, on ne voit qu'elle. Et puis, il y a un film. Une histoire d'amour(s), une histoire d'adultère, une histoire de passion(s), une histoire sur une femme qui aime, beaucoup sans doute, mal peut-être. Elle s'appelle Margot, vit heureuse avec son mari Lou, auteur de livres de cuisine spécialisés sur le poulet. Un jour, alors qu'elle rentre de France pour son travail, elle rencontre dans l'avion Daniel. Le jeune homme est séduisant, drôle. Et il habite en face de chez eux. 

Comment faire quand on tombe amoureux alors que l'on est marié? Outre cette question que divers réalisateurs ont développé (de Sur la Route de Madison à The Deep Blue Sea), Sarah Polley filme également "l'après", les conséquences, à travers un beau travelling autour d'un lit. Le sexe. Et puis la vie commune. L'ennui. Les regrets ? Ai-je fait le bon choix? semble nous crier le beau regard de Michelle Williams dans la dernière scène du film. Une question que Sarah Polley laisse en suspens, préférant nous laisser le choix de répondre cette question. La grande force de la cinéaste est de ne jamais juger ses personnages mais de montrer en petites touches tendres comment on peut tomber amoureux d'un autre alors qu'on est marié (l'adultère est souvent un thème filmé de manière négative, ici c'est lumineux même si mélancolique).

Sarah Polley tisse un drame remarquable jamais larmoyant, lumineux, solaire, à l'image de son premier long-métrage, Loin d'elle (Away from her, 2006, avec Julie Christie). Elle est une des rares réalisatrices à filmer aussi bien les petits touts et les petits riens de l'amour, cette magie qu'il y a entre deux personnes qui ne s'explique pas. Malgré la douleur et la tristesse qui accompagnent Margot dans ses choix, on a juste envie d'être amoureux nous aussi. L'amour rend heureux, mais il fait aussi souffrir : la réalisatrice l'a bien compris et a su le retranscrire. C'est bien le charme de Take this waltz : ces scènes entre les Margot et son mari (Seth Rogen, épatant dans un contre-emploi superbe), les étreintes, les mots d'amour au lit, les regards qui disent tout et puis celles avec Daniel (Luke Kirby), timides, jusqu'à ce que les corps se rapprochent petit à petit en s'effleurant (les scènes dans le manège et au bar où elle lui demande de lui raconter ce qu'il lui ferait, sont des bijoux). De la mise en scène à la bande sonore, tout est soigné et l'on ne peut que saluer l'immense talent de Sarah Polley, très bonne actrice qui a su se réinventer en tant que réalisatrice. Chacun de ses films devraient à présent être un évènement. Courrez regarder ce film injustement boudé par les salles de cinéma.

 

Dvd reçu dans le cadre de Dvdtrafic, un grand merci à Cinetrafic.

Take this waltz de Sarah Polley

Sortie en DVD et blu-ray le 15 mai 2013

Distribué par TF1

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      http://filmlinc.com/page/-/uploads/films/TakeThisWaltz1.jpg

Arbitrage

3 Mai 2013 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Les bons films (**)

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Il y a des films qui surprennent. Alors que je n'attendrais pas grand chose du film Arbitrage de Nicholas Jarecki, j'ai été assez suprise par ce portrait d'un millionnaire en pleine chute. Déjà, le "héros" n'en est pas vraiment un : on découvre vite que Robert Miller (Richard Gere) cache des secrets, il trompe sa femme avec une artiste française et a falsifié les comptes de son entreprise suite à une grave erreur. Un héros pas très attachant, surtout lorsqu'on assiste à l'accident auquel il est mêlé et qu'il fuit, par panique, par orgueil aussi et par peur. La dualité du personnage s'installe rapidement et nous sommes partagés : on voudrait qu'il paye pour ce qu'il a fait mais en même temps, c'est un être humain, on ne peut s'empêcher d'avoir de la pitié et de la compassion pour lui. Ce n'est pas un monstre, il aime ses enfants, sa femme, mais a cumulé les erreurs au point d'être dos au mur. Poursuivi par la police concernant l'accident, et sa fille qui souhaite lui parler de comptes de la société, il se débat pour sauver sa peau, mais également celle de sa famille. Il va être confronté à son sens moral et éthique. Jusqu'où est-il prêt à aller pour se sauver? Dans une société qui prône l'individualisation, est-il prêt à laisser quelqu'un d'autre "payer" pour son crime? La réalisation assez classique de Jarecki fait durer le suspense jusqu'au bout, notamment dans le retournement de situation finale. C'est efficace. Les acteurs sont très bons de Richard Gere à Susan Sarandon en passant par la révélation de Another Earth, Brit Marling. Mêlant polar financier, enquête judiciaire et relations familiales, Arbitrage est un divertissement de qualité que je vous conseille.

http://www.gossy.fr/wp-content/uploads/2012/12/Richarg-Gere-Arbitrage.jpg

Arbitrage de Nicholas Jarecki

En DVD le 12 avril 2013

Distribué par Metropolitan Filmexport

 

 

Merci à Cinetrafic pour le DVD !

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L’Écume des jours

29 Avril 2013 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Très bon film ***

 

 

Michel Gondry, cinéaste fantasque, réussit un tour de magie : adapter le roman jugé inadaptable de Boris Vian, L’Écume des jours. Cette histoire c'est celle, romantique, de Colin qui rencontre Chloé, tombe follement amoureux puis, tragique, quand il découvre qu'elle a un nénuphar poussant dans son poumon. Peut-être une des plus belles histoires d'amour du 20e siècle et un des plus grands romans de la littérature française.

 

 

 

Le film, évidemment, divise. Il n'est pas aisé d'adapter la prose fantaisiste et cruelle de Vian. A mon sens, Gondry arrive à s'en emparer et à livrer son adaptation à la fois personnelle mais fidèle. Le piano-cocktail (ou pianocktail) est là, l'arrache-coeur aussi, quand à Jean-Sol Partre, il fait vibrer les foules, donc Chick, le meilleur ami de Colin. Michel Gondry a truffé son film de petits détails déjantés, d’œuvres toutes plus loufoques les unes que les autres. Il a également accordé une grande attention aux couleurs, notamment le passage des couleurs vives au noir et blanc, au fur et à mesure que Chloé dépérit sans que Colin ne puisse rien n'y faire. Le couple d'amoureux condamnés est d'une grâce folle, Romain Duris est touchant comme jamais tandis que Audrey Tautou est légère et pleine de charme (un peu à la façon d'une jeune Audrey Hepburn). Autour d'eux gravitent des seconds rôles magnifiques, Alise (Aïssa Maïga), Chick (Gad Elmaleh), Nicolas (Omar Sy), Charlotte Le Bon (Isis)...Si au début on a le sourire aux lèvres (la rencontre de Colin et Chloé, leur premier baiser, leurs sorties à la patinoire), l'ombre de la maladie et de la mort vient vite assombrir tout ça. On en avait presque oublié que l’Écume des jours n'est pas juste une histoire d'amour, mais également une critique de la société des années 40 (date de publication : 1947) : le coût de la vie (Chick n'arrive pas à payer ses impôts ni à vivre décemment) ainsi que le prix très élevé des médicaments (Colin se ruine pour payer les médicaments pour Chloé),  le commerce des armes, la médiatisation et l'addiction (Jean-Sol Partre), la police, la lutte des classes, la religion, les conditions de travail inhumaines...Mais sur l'air jazzy de Chloé de Duke Ellington, nos héros viennent de se rencontrer, dansent le biglemoi et ne savent pas encore la mort approche à grand pas. Savourons avec eux ces derniers moments de grâce.

 

Cette version de L’Écume des jours ne séduira pas tout le monde et n'est pas exempte de défauts, mais je vous la conseille vivement. Etant un des mes romans préférés, je ne pouvais passer à côté et je n'ai pas été déçue. 

 

The Place beyond the pines

25 Mars 2013 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Très bon film ***

"Qui sème l'éclair, récolte le tonnerre"


 


Peut-être avez-vous entendu parler de Ryan Gosling, acteur caméléon, mutique, tendu, qui a promené son regard bleu azur de la romance N'oublie jamais au violent Drive, en passant par plusieurs films aussi divers que de qualité. Son dernier film, The Place beyond the pines, s'inscrit dans la lignée des grands films d'auteurs américains qui laissent un goût de soufre dans la bouche. Si on devait comparer Derek Cianfrance, jeune réalisateur dont c'est le second film à paraître en France (le premier étant inédit), à quelqu'un, ce serait James Gray. Les deux hommes partagent le goût des atmosphères sombres, des tragédies douloureuses et des (anti)-héros tristes et sauvages mais aussi du déterminisme familial et social. Néanmoins, ne réduisons pas Derek Cianfrance à une pâle copie de James Gray : celui-ci a réussi à créer, et ce, dès son second long métrage (Blue Valentine, avec Michelle Williams et Ryan Gosling,épatants de justesse), sa marque, son univers. The Place...est une fresque en trois parties se déroulant sur 15 ans (deux générations), nous plongeant dans une Amérique perdue, corrompue, violente. D'une durée de 2h20, le film prend le temps de dérouler les enjeux, complexes, qui vont se nouer entre les différents protagonistes, sans jamais manquer de rythme.

Luke (Gosling, donc) traîne ses tee-shirts Metallica, ses tatouages et sa moto de ville en ville avec un "cirque". Lorsqu'il revoit Romina (Eva Mendes, sobre), il découvre qu'il a un fils de un an. Il arrête le cirque et décide de se lancer dans le braquage de banques pour assurer un avenir meilleur à ces deux êtres qui sont désormais liés à lui. Jusqu'au jour où il croise le chemin de Avery Cross (Bradley Cooper, excellent un homme torturé), un jeune flic qui veut le coincer. Je n'en raconterais pas plus, pour ne pas gâcher le suspense. Sachez juste qu'un film de cette qualité scénaristique est rare, d'autant qu'il est servi par une belle mise en scène et une musique sublime. Un film puissant, passionné, troublant, tragique, porté par des acteurs en état de grâce.
 

Shadow Dancer

13 Février 2013 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Très bon film ***

 

                                      http://www.aceshowbiz.com/images/still/shadow-dancer09.jpg

Il y a quelque chose de terrible, un parfum d'inéluctable qui se dégage de Shadow Dancer, polar noir de James March (déjà réalisateur d'un épisode de l'excellente trilogie The Red Riding Trilogy). Un évènement douloureux va plonger une famille de Belfast dans un cercle d'autodestruction, de violence et de tragédie, sur fond de conflit irlandais. De nombreux films ont su brillamment parlé de ce sujet ( Au nom du père, Le vent se lève, Fifty Dead Men Walking, Hunger....). Ici, le réalisateur se démarque un peu des films cités précédemment car il privilégie une esthétique et une atmosphère et le point de vue d'une famille enchaînée à ce passé si noir et triste. 1993. Collette, mère célibataire, élève son fils et vit avec sa mère et ses deux frères, dont l'un est un fervent activiste pour l'IRA. Envoyée à Londres pour commettre un attentat terroriste, elle se dégonfle au dernier moment et s'enfuie dans les tunnels du métro jusqu'à être retrouvé par des agents du MI5, donc un certain Mac (Clive Owen, excellent et sobre) qui va lui faire une proposition: espionner les siens et ainsi pouvoir vivre avec un fils, ou aller en prison et abandonner son fils aux services sociaux. Prise à la gorge, la jeune femme accepte après de longues hésitations. Elle rentre ainsi à Belfast et se retrouve confrontée à ses frères et à un certain Kevin, qui se questionne sur sa loyauté depuis l'attentat raté. 

Le cadre est gris, froid, mais parfois percé d'éclats lumineux ou de couleurs vives (tel le manteau rouge flamboyant de Collette). Collette, écartelée entre sa famille et sa culpabilité, et ce qu'elle a promis de faire en échange de sa liberté, se débat, frôle la mort. " Je suis morte" assène-t-elle à Mac, à un certain moment du film, la gorge serrée. Lui, commence à s'amouracher de la belle jeune femme et est prêt à tout pour la sauver de ce piège qui se referme sur elle. Leur relation les met en danger, l'ambiguîté se mêle à cette histoire de trahison et risque de changer la donne. Film d'espionnage, film noir, tragédie grecque, histoire d'amour, le scénario de Shadow Dancer se risque à étonner par son mélange de genre et une écriture resserrée, tendue. Vous ne trouverez pas de grand moment d'action, mais le climat instauré par James Marsh empêche l'intensité du film de retomber. Résultat, on est suspendu au film pendant 1h40. Et le final, inattendu, sombre, ne fait que confirmer l'inéluctabilité de cette tragédie et la force des liens du sang. Est-on prêt à tout pour sa famille?

La révélation du film? Andrea Riseborough, qui n'est plus vraiment une révélation d'ailleurs, puisqu'on a déjà pu la voir dans W.E de Madonna (excellente en Wallis Simpson), Never let me go, We want sex equality et Brighton Rock. Elle est magnifique, troublante, bouleversante, et confirme son statut d'actrice à suivre.

 

http://www.cinematon.fr/wp-content/uploads/2013/01/Shadow-Dancer-Affiche.png

Friends with kids

29 Novembre 2012 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Les bons films (**)

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Petite déception ! Alors qu'on s'attendait à une bonne comédie américaine épinglant les couples avec enfants, drôle et irrévérencieuse comme l'était Mes meilleures amies (dont on retrouve une bonne partie du casting), Jennifer Wesfeldt peine à nous convaincre totalement. Non pas que le film soit mauvais, mais il devient de plus en plus anodin au fur et à mesure de sa durée. Si le postulat de départ pouvait prêter à sourire bien que irréel (deux amis trentenaires décident de faire un enfant ensemble sans être en couple pour éviter l'usure et l'absence de sexe), il s'essouffle en raison d'un scénario poussif et de deux héros principaux faiblards (Adam Scott et Wesfeldt elle-même). C'est vers les seconds rôles qu'il faut se tourner : Jon Hamm et Kristen Wiig en couple se déchirant après la naissance de leur enfant ; Maya Rudolph et Chris O'Dowd couple débordé mais se serrant les coudes. Leurs dialogues sont percutants, les acteurs excellents et on voudrait les voir plus souvent. Pendant que ces couples découvrent la difficulté d'être parents et amants, Julie et Jason décident de faire mieux que les autres: un bébé ensemble ok, mais pas de relation amoureuse entre eux, partage des tâches maximales...Sauf que voilà, elle rencontre Edward Burns et lui Megan Fox, ce qui met en péril leur entente et leur accord. L'histoire romantique de nos deux héros est prévisible, malgré quelques petits rebondissements, même si l'on sait pertinemment comment cela va finir (excepté le dialogue qui clôture le film, laid, lourd et vulgaire). On sent que la réalisatrice souhaite éviter le cliché de la romcom, d'où le point de vue non idéalisé de la grossesse et de comment on élève un (des) enfant(s) et les dialogues parfois coupants mais aussi vulgaires par moment. Néanmoins, quelques scènes enlevées, un repas entre amis qui tourne au vinaigre et où des vérités sont balancées, des seconds rôles surprenants font de Friends with kids un divertissement honnête sans plus.

La difficulté d'être parents et de continuer à s'aimer est un thème intéressant, peu traité au cinéma (je pense surtout au très bon Un heureux évènement vu il y a peu). Dommage qu'ici il soit vite supplanté par l'histoire romantique de Julie et Jason, fade et peu intéressante. En revanche, retrouver le casting de Mes meilleures amies est une bonne surprise.

 

DVD reçu dans le cadre de l'orpération DVDtrafic

Ditribué par  Metropolitan Filmexport

Sortie en DVD le 3 décembre 2012

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http://www.maroccreators.com/wp-content/uploads/2012/08/friends_with_kids.jpg

Trishna

25 Octobre 2012 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Les bons films (**)

 

 

http://www.reverseshot.com/files/images/issue31/trishna_3.jpg

Une jeune femme indienne vit avec sa famille pauvre dans une région reculée de l'Inde. Un jour, elle rencontre un jeune homme, fils d'un homme fatigué qui possède plusieurs hôtels. Celui-ci tombe sous le charme de Trishna et lui demande de venir travailler dans l'hôtel de son père. Ils entament une liaison.

 

Il est indiqué au début du film que Trishna est adapté du roman de Thomas Hardy, Tess d'Urberville. Mais mettons les choses au point rapidement : ce n'est qu'une adaptation très lointaine du roman et outre quelques scènes, le film de Michael Winterbottom diffère pas mal de l'original (déjà adapté par Roman Polanski dans le très beau Tess). Une fois cela établit, on passe plus de temps à apprécier le long-métrage qu'à repérer les différences entre les deux oeuvres.

De quoi parle donc Trishna? D'une histoire d'amour impossible à cause de milieux sociaux trop différents qui se termine en tragédie. Trishna (Freida Pinto, sublime) n'a rien, est naïve mais digne (en cela elle est une pure Tess) mais croise le chemin de Jay (Riz Ahmed, séducteur dangereux) qui incarne à lui seul les deux héros masculins dans Tess, à la fois Angel et Alec, homme riche qui sera à la fois son amour et sa perte. La dualité de Jay est d'ailleurs parfois difficile à cerner dans ses retournements, car ils sont trop brusques et le contexte social, selon moi, ne peut justifier cela à lui seul. Mais le personnage est intéressant et aurait nécessité un éclairage un peu plus important pour mieux le comprendre.

  Le style de M.Winterbottom est rèche, bref, il y a peu de dialogues, ça ne sombre pas dans le mélodrame, ce qui fait de Trishna une tragédie classe. Mais qui malheureusement, empêche la passion de nous transporter, nous spectateurs. Il y a pourtant la musique (sublime) de Umebayashi, compositeur du grand Wong Kar-wai et quelques ralentis qui pourraient nous faire penser à In the mood for love ou 2046, mais sans grande conviction. Néanmoins, la force de Trishna réside dans sa vision de l'Inde actuelle, vivante, moderne, pauvre, bruyante et dont les villes (ici Bombay) sont créatrices de rêve (Bollywood, le cinéma, la danse) en comparaison avec la campagne, au Rajasthan, plutôt synonyme de dur labeur et douleur (l'avortement forcé par les conventions sociales, les traditions plutôt lourdes, la place des femmes). Le réalisateur transpose l'Angleterre victorienne en plein changement industriel dans une Inde "contaminée par une lutte des classes omniprésente" comme le dit très bien le synopsis officiel. 

Trishna se révèle en définitive plutôt bon, c'est un film au contraire de facture honnête mais qui s'essouffle dans sa seconde partie et fait seulement planer le spectre de la passion sans jamais nous submerger. Un Michael Winterbottom qui n'a pas la puissance émotionnelle d'Un été italien ou d'Un coeur invaincu.

 

Trishna de Michael Winterbottom

Sortie le 18 octobre par BAC films.

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http://www.artificial-eye.com/trishna/images/Trishna-Film.jpg

Un flic pour cible (The son of no one)

31 Mai 2012 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Très moyen tout ça (*)

 

Nouvellement arrivé dans le Queens pour son travail, Jonathan White, jeune flic, se retrouve confronté au poids de son passé.

Il arrive parfois que certains films sortis directement en DVD se révèlent des bonnes surprises. Avec le casting qu'affichait Un flic pour cible, on y avait presque cru, d'autant qu'il a été projeté à Sundance: Al Pacino, Ray Liotta, Katie Holmes, Juliette Binoche et Channing Tatum. Malheureusement, il n'en est rien. Le scénario fait des allers-retours qui le rendent confus (on passe le premier quart d'heure a essayé de comprendre ce qu'il se passe) et il est de plus en plus mauvais au fur et à mesure que le film avance. Il y a un côté également assez malsain, qui ne m'a pas plu. Et les personnages sont sans relief, sans psychologie, on ne comprend même pas certaines de leurs motivations. Seul le personnage du héros, Jonathan White , s'en sort à peu près (alors que l'acteur est d'habitude peu charismatique) ainsi que le personnage de Juliette Bincoche, que l'on s'étonne de retrouver là. Si la thématique du poids du passé et de comment vivre avec ce que l'on a fait plus jeune peut peser sur notre morale est intéressante (notamment dans le drame Boy A par exemple), elle est ici trop pauvrement traité pour attirer et séduire le spectateur. Pas étonnant donc que ceux-ci boudent ce polar raté. Je vous conseille de passer votre chemin pour cette fois.    

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Un flic pour cible de Dito Montiel
Date de sortie du dvd : le 1er juin
Distribué par la Metropolitan Filmexport
 
http://www.cinecustom.org/site/wp-content/uploads/2011/09/The-Son-of-No-One.jpg

Les Immortels

25 Mars 2012 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Très moyen tout ça (*)

 http://www.lyricis.fr/wp-content/uploads/2011/10/Les-Immortels-Photo-Promo-Octobre-02.jpg

 

 

Il y a quelques années un certain Zack Snyder, cinéaste en puissance, remettait au goût du jour le péplum mythologique avec un certain brio et une vision totalement neuve et entraînante (300). Tarsem Singh s'est inspiré fortement de 300 pour son nouveau film, Les Immortels, soit l'histoire de Thésée (le sexy Henry Cavill), jeune pêcheur qui décide de se battre contre Hypérion, le grand vilain de l'histoire (Mickey Rourke qu'on ne présente plus). Un an après le blockbuster Le Choc des Titans (qui n'a pas convaincu la presse et les professionnels, mais a réalisé un joli coup d'élcat au box office américain - qui a dit que les américains avaient bon goût?), le réalisateur indien se lance dans l'aventure mais peine à séduire malgré un péplum de meilleure qualité (mauvaise presse, box office moyen). Pourtant à comparer les deux films sortis à quelques mois d'intervalle, Les Immortels est en terme de mise en scène beaucoup plus recherché, innovant : plans travaillés, couleur cuivrée dominante, ralentis (à la manière de 300), style et violence graphique (avec notamment beaucoup de figures géométriques dans les décors et les objets)...Bref, Les Immortels tient plus du film hybride que du gros blockbuster, cela étant dû à la personnalité artistique de son réalisateur venu d'un cinéma plus expérimental. Malheureusement, il manque un supplément d'âme à ce péplum qui aurait pu être une grande tragédie épique, mais qui se contentera d'être un film sympathique (vu en 2D, je ne pense pas que la 3D amène grand chose) dans lequel les personnages peinent à séduire le spectateur : faiblesse du scénario, manque d'humanité, trop de manichéeisme et pourtant, le film est moins conformiste que le film de Louis Leterrier. Quand aux acteurs je les ai trouvé plutôt crédibles, contrairement à ce qui a été dit (à voir en version originale bien sûr). De John Hurt à Luke Evans en passant par la belle Freida Pinto, le réalisateur a su néanmoins rassembler des acteurs venus de divers horizons. N'est pas Snyder qui veut ! 

En bref: Loin du navet annoncé, Les Immortels a une vision plus graphique, plastique et moins conformiste de la mythologie que Le Choc des Titans. S'il est parfois un peu vain et le scénario un peu faible, Tarsem Singh surprend (c'est peut-être aussi cela qui a déplu).

 

 

DVD reçu grâce à l'opération DVDtrafic par le site Cinetrafic. Découvrez aussi plein d’autres films sur Cinetrafic dans la catégorie Film d'action et la catégorie Film fantasy. 

Les Immortels de Tarsem Singh

En DVD et Blu-ray le 23 mars

Distribué par la Metropolitan Filmexport

 

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La Couleur des Sentiments

9 Février 2012 , Rédigé par Keira3 Publié dans #Les très bons films (**-***)

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A Hollywood, il est de coutume d'acheter les droits de quasiment tous les romans au cas où celui-ci serait un succès en librairie. Lorsque le livre de Kathryn Stockett est sorti, personne n'aurait pu prévoir qu'il deviendrait un best-seller (aux Etats-Unis comme en France). L'histoire de La Couleur des Sentiments (The Help) commence à Jackson, Mississippi, dans les années 60. La jeune Eugenia Phelan, Skeeter pour les intimes, rêve de devenir écrivain mais se contente pour le moment d'écrire des petits articles sans grand intérêt. Lorsqu'elle prend conscience de la difficile situation des noirs, du racisme et de l'injustice, elle se lance dans un projet d'envergure face à la bêtise et aux conventions de son monde: écrire un livre du point de vue des femmes noires domestiques en les interrogeant, les faisant se livrer et raconter leurs vies. Portée par une brochette d'actrices brillantes, l'adaptation par Tate Taylor se révèle séduisante, même pour ceux qui, comme moi, ont dévoré et adoré le livre. Le scénario, rythmé, n'a pas de temps mort, et alterne humour et drame avec finesse et bons sentiments, sans être naïf. Il y a bien quelques petits moments larmoyants qui vous feront un peu couler l'oeil mais les personnages et leurs actrices sont formidables pour maintenir un juste équilibre : Emma Stone, jeune actrice charismatique et drôle, Jessica Chastain, excellente en sosie fragile de Marilyn Monroe, Viola Davis épatante de justesse, Bryce Dallas Howard qu'on adore détester, la toujours très bien Allison Janney, la révélation Octavia Spencer et la grande Sissy Spacek. Une histoire forte qui peut paraître un peu rose-bonbon au début mais révèle par la suite la richesse de ses personnages.

Un film dans la lignée des"feel-good movies", joli, intelligent, drôle et poignant, qui met en scène une pléiade d'actrices excellentes. 

 

Concernant les bonus c'est du très très light : seulement 2 scènes coupées et le clip de Mary J.Blidge.

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La Couleur des Sentiments de Tate Taylor

DVD sorti le 29 février 2012

 © 2012 DREAMWORKS II DISTRIBUTION CO., LLC.

 

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