17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 19:35

http://image.toutlecine.com/photos/l/e/0/le-passe-15-05-2013-3-g.jpg

 

Je suis sortie de la séance du Passé d'Asghar Farhadi il y a peine une heure et il faut que je prenne le clavier tout de suite pour écrire quelques mots. Grande admiratrice du cinéaste iranien qui est pour moi l'un des plus grands de ce siècle (Les enfants de Belleville et Une séparation sont des chef-d'oeuvres), je ne pouvais que me précipiter sur son dernier film en compétition au Festival de Cannes. Autant dire que celui-ci est un concurrent plus que sérieux.

C'est l'histoire de Marie qui vit en France avec ses deux filles et son nouveau compagnon, lui aussi ayant un fils. Le film commence lorsque Ahmad, l'époux de Marie, arrive d'Iran chez eux après 4 ans de séparation pour signer les papiers du divorce. Le passé va les rattaper, chacun à leur manière. Voilà. Je ne peux vous en dire plus, ce serait vous gâcher le film. Sachez que Le Passé touche, bouleverse. Au fur et à mesure que Ahmad découvre la nouvelle vie de sa "femme", nous découvrons avec lui des secrets, un passé qui va resurgir et secouer les protagonistes de ce drame humain et réaliste. La mise en scène d'Asghar Farhadi, discrète et utilisant à merveille le hors champ (comme dans Une Séparation), met en avant la beauté fragile de Bérénice Béjo, exceptionnelle, et de ses deux partenaires, les excellents Tahar Rahim (Un Prophète) et Ali Mosaffa (Une Séparation). Il y a le passé de ce trio : un acte, un choix, une rencontre, une tache sur une robe, le regard d'un enfant, une femme, une maison, un amour éteint, des regrets...Chacun participe à un tout, une grande histoire, dans laquelle chacun amène ses choix, sa moralité, ses désirs, ses regrets pour mieux s'y confronter.
Pour son premier film français, le cinéaste garde le même sens du rythme et ses thèmes fétiches : les secrets, les mensonges, le passé, les conflits familiaux, l'amour, l'éducation des enfants...Comme dans ses précédents films, c'est l'arrivée d'un "intrus", d'une personne extérieure dans une famille, qui va mettre en avant les failles et les mensonges (voir La Fête du feu et Une Séparation). Les enfants ont également à nouveau des rôles forts, importants. Asghar Farhadi est l'un des rares réalisateurs à leur donner de la profondeur, à l'égal des adultes.

Le drame familial qui se noue dégage au fur et à mesure du récit une ampleur bouleversante, qui nous met K.O (la dernière scène est un uppercut en pleine face). La Palme d'Or? On en reparle dans quelques jours...

 

http://medias.unifrance.org/medias/16/134/99856/format_page/le-passe.jpg

Partager cet article

13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 18:31

 http://www.ifi.ie/wp-content/uploads/take_this_waltz-2.jpg

 

Avant tout, il faut parler d'elles. Deux femmes : Sarah Polley et Michelle Williams. L'une rousse, peau diaphane, discrète, qu'on ne verra pas mais qu'on sentira derrière chaque plan. L'autre blonde, éclatante, magnifique, qui bouffe l'écran à chaque plan, chaque regard, de fait, on ne voit qu'elle. Et puis, il y a un film. Une histoire d'amour(s), une histoire d'adultère, une histoire de passion(s), une histoire sur une femme qui aime, beaucoup sans doute, mal peut-être. Elle s'appelle Margot, vit heureuse avec son mari Lou, auteur de livres de cuisine spécialisés sur le poulet. Un jour, alors qu'elle rentre de France pour son travail, elle rencontre dans l'avion Daniel. Le jeune homme est séduisant, drôle. Et il habite en face de chez eux. 

Comment faire quand on tombe amoureux alors que l'on est marié? Outre cette question que divers réalisateurs ont développé (de Sur la Route de Madison à The Deep Blue Sea), Sarah Polley filme également "l'après", les conséquences, à travers un beau travelling autour d'un lit. Le sexe. Et puis la vie commune. L'ennui. Les regrets ? Ai-je fait le bon choix? semble nous crier le beau regard de Michelle Williams dans la dernière scène du film. Une question que Sarah Polley laisse en suspens, préférant nous laisser le choix de répondre cette question. La grande force de la cinéaste est de ne jamais juger ses personnages mais de montrer en petites touches tendres comment on peut tomber amoureux d'un autre alors qu'on est marié (l'adultère est souvent un thème filmé de manière négative, ici c'est lumineux même si mélancolique).

Sarah Polley tisse un drame remarquable jamais larmoyant, lumineux, solaire, à l'image de son premier long-métrage, Loin d'elle (Away from her, 2006, avec Julie Christie). Elle est une des rares réalisatrices à filmer aussi bien les petits touts et les petits riens de l'amour, cette magie qu'il y a entre deux personnes qui ne s'explique pas. Malgré la douleur et la tristesse qui accompagnent Margot dans ses choix, on a juste envie d'être amoureux nous aussi. L'amour rend heureux, mais il fait aussi souffrir : la réalisatrice l'a bien compris et a su le retranscrire. C'est bien le charme de Take this waltz : ces scènes entre les Margot et son mari (Seth Rogen, épatant dans un contre-emploi superbe), les étreintes, les mots d'amour au lit, les regards qui disent tout et puis celles avec Daniel (Luke Kirby), timides, jusqu'à ce que les corps se rapprochent petit à petit en s'effleurant (les scènes dans le manège et au bar où elle lui demande de lui raconter ce qu'il lui ferait, sont des bijoux). De la mise en scène à la bande sonore, tout est soigné et l'on ne peut que saluer l'immense talent de Sarah Polley, très bonne actrice qui a su se réinventer en tant que réalisatrice. Chacun de ses films devraient à présent être un évènement. Courrez regarder ce film injustement boudé par les salles de cinéma.

 

Dvd reçu dans le cadre de Dvdtrafic, un grand merci à Cinetrafic.

Take this waltz de Sarah Polley

Sortie en DVD et blu-ray le 15 mai 2013

Distribué par TF1

D'autres films sur Cinetrafic:

- films de filles

- comédies romantiques

 

      http://filmlinc.com/page/-/uploads/films/TakeThisWaltz1.jpg

Partager cet article

3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 18:07

 http://filmandfelt.com/musings/wp-content/uploads/2012/12/Arbitrage2.jpg

 

Il y a des films qui surprennent. Alors que je n'attendrais pas grand chose du film Arbitrage de Nicholas Jarecki, j'ai été assez suprise par ce portrait d'un millionnaire en pleine chute. Déjà, le "héros" n'en est pas vraiment un : on découvre vite que Robert Miller (Richard Gere) cache des secrets, il trompe sa femme avec une artiste française et a falsifié les comptes de son entreprise suite à une grave erreur. Un héros pas très attachant, surtout lorsqu'on assiste à l'accident auquel il est mêlé et qu'il fuit, par panique, par orgueil aussi et par peur. La dualité du personnage s'installe rapidement et nous sommes partagés : on voudrait qu'il paye pour ce qu'il a fait mais en même temps, c'est un être humain, on ne peut s'empêcher d'avoir de la pitié et de la compassion pour lui. Ce n'est pas un monstre, il aime ses enfants, sa femme, mais a cumulé les erreurs au point d'être dos au mur. Poursuivi par la police concernant l'accident, et sa fille qui souhaite lui parler de comptes de la société, il se débat pour sauver sa peau, mais également celle de sa famille. Il va être confronté à son sens moral et éthique. Jusqu'où est-il prêt à aller pour se sauver? Dans une société qui prône l'individualisation, est-il prêt à laisser quelqu'un d'autre "payer" pour son crime? La réalisation assez classique de Jarecki fait durer le suspense jusqu'au bout, notamment dans le retournement de situation finale. C'est efficace. Les acteurs sont très bons de Richard Gere à Susan Sarandon en passant par la révélation de Another Earth, Brit Marling. Mêlant polar financier, enquête judiciaire et relations familiales, Arbitrage est un divertissement de qualité que je vous conseille.

http://www.gossy.fr/wp-content/uploads/2012/12/Richarg-Gere-Arbitrage.jpg

Arbitrage de Nicholas Jarecki

En DVD le 12 avril 2013

Distribué par Metropolitan Filmexport

 

 

Merci à Cinetrafic pour le DVD !

Tous les bons films ici !

Partager cet article

29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 12:23

 

 

Michel Gondry, cinéaste fantasque, réussit un tour de magie : adapter le roman jugé inadaptable de Boris Vian, L’Écume des jours. Cette histoire c'est celle, romantique, de Colin qui rencontre Chloé, tombe follement amoureux puis, tragique, quand il découvre qu'elle a un nénuphar poussant dans son poumon. Peut-être une des plus belles histoires d'amour du 20e siècle et un des plus grands romans de la littérature française.

 

 

 

Le film, évidemment, divise. Il n'est pas aisé d'adapter la prose fantaisiste et cruelle de Vian. A mon sens, Gondry arrive à s'en emparer et à livrer son adaptation à la fois personnelle mais fidèle. Le piano-cocktail (ou pianocktail) est là, l'arrache-coeur aussi, quand à Jean-Sol Partre, il fait vibrer les foules, donc Chick, le meilleur ami de Colin. Michel Gondry a truffé son film de petits détails déjantés, d’œuvres toutes plus loufoques les unes que les autres. Il a également accordé une grande attention aux couleurs, notamment le passage des couleurs vives au noir et blanc, au fur et à mesure que Chloé dépérit sans que Colin ne puisse rien n'y faire. Le couple d'amoureux condamnés est d'une grâce folle, Romain Duris est touchant comme jamais tandis que Audrey Tautou est légère et pleine de charme (un peu à la façon d'une jeune Audrey Hepburn). Autour d'eux gravitent des seconds rôles magnifiques, Alise (Aïssa Maïga), Chick (Gad Elmaleh), Nicolas (Omar Sy), Charlotte Le Bon (Isis)...Si au début on a le sourire aux lèvres (la rencontre de Colin et Chloé, leur premier baiser, leurs sorties à la patinoire), l'ombre de la maladie et de la mort vient vite assombrir tout ça. On en avait presque oublié que l’Écume des jours n'est pas juste une histoire d'amour, mais également une critique de la société des années 40 (date de publication : 1947) : le coût de la vie (Chick n'arrive pas à payer ses impôts ni à vivre décemment) ainsi que le prix très élevé des médicaments (Colin se ruine pour payer les médicaments pour Chloé),  le commerce des armes, la médiatisation et l'addiction (Jean-Sol Partre), la police, la lutte des classes, la religion, les conditions de travail inhumaines...Mais sur l'air jazzy de Chloé de Duke Ellington, nos héros viennent de se rencontrer, dansent le biglemoi et ne savent pas encore la mort approche à grand pas. Savourons avec eux ces derniers moments de grâce.

 

Cette version de L’Écume des jours ne séduira pas tout le monde et n'est pas exempte de défauts, mais je vous la conseille vivement. Etant un des mes romans préférés, je ne pouvais passer à côté et je n'ai pas été déçue. 

 

Partager cet article

25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 11:20
"Qui sème l'éclair, récolte le tonnerre"




Peut-être avez-vous entendu parler de Ryan Gosling, acteur caméléon, mutique, tendu, qui a promené son regard bleu azur de la romance N'oublie jamais au violent Drive, en passant par plusieurs films aussi divers que de qualité. Son dernier film, The Place beyond the pines, s'inscrit dans la lignée des grands films d'auteurs américains qui laissent un goût de soufre dans la bouche. Si on devait comparer Derek Cianfrance, jeune réalisateur dont c'est le second film à paraître en France (le premier étant inédit), à quelqu'un, ce serait James Gray. Les deux hommes partagent le goût des atmosphères sombres, des tragédies douloureuses et des (anti)-héros tristes et sauvages mais aussi du déterminisme familial et social. Néanmoins, ne réduisons pas Derek Cianfrance à une pâle copie de James Gray : celui-ci a réussi à créer, et ce, dès son second long métrage (Blue Valentine, avec Michelle Williams et Ryan Gosling,épatants de justesse), sa marque, son univers. The Place...est une fresque en trois parties se déroulant sur 15 ans (deux générations), nous plongeant dans une Amérique perdue, corrompue, violente. D'une durée de 2h20, le film prend le temps de dérouler les enjeux, complexes, qui vont se nouer entre les différents protagonistes, sans jamais manquer de rythme.

Luke (Gosling, donc) traîne ses tee-shirts Metallica, ses tatouages et sa moto de ville en ville avec un "cirque". Lorsqu'il revoit Romina (Eva Mendes, sobre), il découvre qu'il a un fils de un an. Il arrête le cirque et décide de se lancer dans le braquage de banques pour assurer un avenir meilleur à ces deux êtres qui sont désormais liés à lui. Jusqu'au jour où il croise le chemin de Avery Cross (Bradley Cooper, excellent un homme torturé), un jeune flic qui veut le coincer. Je n'en raconterais pas plus, pour ne pas gâcher le suspense. Sachez juste qu'un film de cette qualité scénaristique est rare, d'autant qu'il est servi par une belle mise en scène et une musique sublime. Un film puissant, passionné, troublant, tragique, porté par des acteurs en état de grâce.

Partager cet article

13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 10:16

 

                                      http://www.aceshowbiz.com/images/still/shadow-dancer09.jpg

Il y a quelque chose de terrible, un parfum d'inéluctable qui se dégage de Shadow Dancer, polar noir de James March (déjà réalisateur d'un épisode de l'excellente trilogie The Red Riding Trilogy). Un évènement douloureux va plonger une famille de Belfast dans un cercle d'autodestruction, de violence et de tragédie, sur fond de conflit irlandais. De nombreux films ont su brillamment parlé de ce sujet ( Au nom du père, Le vent se lève, Fifty Dead Men Walking, Hunger....). Ici, le réalisateur se démarque un peu des films cités précédemment car il privilégie une esthétique et une atmosphère et le point de vue d'une famille enchaînée à ce passé si noir et triste. 1993. Collette, mère célibataire, élève son fils et vit avec sa mère et ses deux frères, dont l'un est un fervent activiste pour l'IRA. Envoyée à Londres pour commettre un attentat terroriste, elle se dégonfle au dernier moment et s'enfuie dans les tunnels du métro jusqu'à être retrouvé par des agents du MI5, donc un certain Mac (Clive Owen, excellent et sobre) qui va lui faire une proposition: espionner les siens et ainsi pouvoir vivre avec un fils, ou aller en prison et abandonner son fils aux services sociaux. Prise à la gorge, la jeune femme accepte après de longues hésitations. Elle rentre ainsi à Belfast et se retrouve confrontée à ses frères et à un certain Kevin, qui se questionne sur sa loyauté depuis l'attentat raté. 

Le cadre est gris, froid, mais parfois percé d'éclats lumineux ou de couleurs vives (tel le manteau rouge flamboyant de Collette). Collette, écartelée entre sa famille et sa culpabilité, et ce qu'elle a promis de faire en échange de sa liberté, se débat, frôle la mort. " Je suis morte" assène-t-elle à Mac, à un certain moment du film, la gorge serrée. Lui, commence à s'amouracher de la belle jeune femme et est prêt à tout pour la sauver de ce piège qui se referme sur elle. Leur relation les met en danger, l'ambiguîté se mêle à cette histoire de trahison et risque de changer la donne. Film d'espionnage, film noir, tragédie grecque, histoire d'amour, le scénario de Shadow Dancer se risque à étonner par son mélange de genre et une écriture resserrée, tendue. Vous ne trouverez pas de grand moment d'action, mais le climat instauré par James Marsh empêche l'intensité du film de retomber. Résultat, on est suspendu au film pendant 1h40. Et le final, inattendu, sombre, ne fait que confirmer l'inéluctabilité de cette tragédie et la force des liens du sang. Est-on prêt à tout pour sa famille?

La révélation du film? Andrea Riseborough, qui n'est plus vraiment une révélation d'ailleurs, puisqu'on a déjà pu la voir dans W.E de Madonna (excellente en Wallis Simpson), Never let me go, We want sex equality et Brighton Rock. Elle est magnifique, troublante, bouleversante, et confirme son statut d'actrice à suivre.

 

http://www.cinematon.fr/wp-content/uploads/2013/01/Shadow-Dancer-Affiche.png

Partager cet article

29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 18:40

http://www.actucine.com/wp-content/uploads/2012/01/Friends-with-Kids.jpg

 

http://1.bp.blogspot.com/-FuPVObV6VYA/T2Fj49UjODI/AAAAAAAAF5k/deIiSeYZ9zo/s1600/friends-with-kids110912073810.jpg

 

Petite déception ! Alors qu'on s'attendait à une bonne comédie américaine épinglant les couples avec enfants, drôle et irrévérencieuse comme l'était Mes meilleures amies (dont on retrouve une bonne partie du casting), Jennifer Wesfeldt peine à nous convaincre totalement. Non pas que le film soit mauvais, mais il devient de plus en plus anodin au fur et à mesure de sa durée. Si le postulat de départ pouvait prêter à sourire bien que irréel (deux amis trentenaires décident de faire un enfant ensemble sans être en couple pour éviter l'usure et l'absence de sexe), il s'essouffle en raison d'un scénario poussif et de deux héros principaux faiblards (Adam Scott et Wesfeldt elle-même). C'est vers les seconds rôles qu'il faut se tourner : Jon Hamm et Kristen Wiig en couple se déchirant après la naissance de leur enfant ; Maya Rudolph et Chris O'Dowd couple débordé mais se serrant les coudes. Leurs dialogues sont percutants, les acteurs excellents et on voudrait les voir plus souvent. Pendant que ces couples découvrent la difficulté d'être parents et amants, Julie et Jason décident de faire mieux que les autres: un bébé ensemble ok, mais pas de relation amoureuse entre eux, partage des tâches maximales...Sauf que voilà, elle rencontre Edward Burns et lui Megan Fox, ce qui met en péril leur entente et leur accord. L'histoire romantique de nos deux héros est prévisible, malgré quelques petits rebondissements, même si l'on sait pertinemment comment cela va finir (excepté le dialogue qui clôture le film, laid, lourd et vulgaire). On sent que la réalisatrice souhaite éviter le cliché de la romcom, d'où le point de vue non idéalisé de la grossesse et de comment on élève un (des) enfant(s) et les dialogues parfois coupants mais aussi vulgaires par moment. Néanmoins, quelques scènes enlevées, un repas entre amis qui tourne au vinaigre et où des vérités sont balancées, des seconds rôles surprenants font de Friends with kids un divertissement honnête sans plus.

La difficulté d'être parents et de continuer à s'aimer est un thème intéressant, peu traité au cinéma (je pense surtout au très bon Un heureux évènement vu il y a peu). Dommage qu'ici il soit vite supplanté par l'histoire romantique de Julie et Jason, fade et peu intéressante. En revanche, retrouver le casting de Mes meilleures amies est une bonne surprise.

 

DVD reçu dans le cadre de l'orpération DVDtrafic

Ditribué par  Metropolitan Filmexport

Sortie en DVD le 3 décembre 2012

Découvrez d’autres oeuvres sur Cinetrafic dans des catégories aussi diverses et variées que dans la liste bande annonce ou celle liée au film romantique.

http://www.maroccreators.com/wp-content/uploads/2012/08/friends_with_kids.jpg

Partager cet article

25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 18:18

 

 

http://www.reverseshot.com/files/images/issue31/trishna_3.jpg

Une jeune femme indienne vit avec sa famille pauvre dans une région reculée de l'Inde. Un jour, elle rencontre un jeune homme, fils d'un homme fatigué qui possède plusieurs hôtels. Celui-ci tombe sous le charme de Trishna et lui demande de venir travailler dans l'hôtel de son père. Ils entament une liaison.

 

Il est indiqué au début du film que Trishna est adapté du roman de Thomas Hardy, Tess d'Urberville. Mais mettons les choses au point rapidement : ce n'est qu'une adaptation très lointaine du roman et outre quelques scènes, le film de Michael Winterbottom diffère pas mal de l'original (déjà adapté par Roman Polanski dans le très beau Tess). Une fois cela établit, on passe plus de temps à apprécier le long-métrage qu'à repérer les différences entre les deux oeuvres.

De quoi parle donc Trishna? D'une histoire d'amour impossible à cause de milieux sociaux trop différents qui se termine en tragédie. Trishna (Freida Pinto, sublime) n'a rien, est naïve mais digne (en cela elle est une pure Tess) mais croise le chemin de Jay (Riz Ahmed, séducteur dangereux) qui incarne à lui seul les deux héros masculins dans Tess, à la fois Angel et Alec, homme riche qui sera à la fois son amour et sa perte. La dualité de Jay est d'ailleurs parfois difficile à cerner dans ses retournements, car ils sont trop brusques et le contexte social, selon moi, ne peut justifier cela à lui seul. Mais le personnage est intéressant et aurait nécessité un éclairage un peu plus important pour mieux le comprendre.

  Le style de M.Winterbottom est rèche, bref, il y a peu de dialogues, ça ne sombre pas dans le mélodrame, ce qui fait de Trishna une tragédie classe. Mais qui malheureusement, empêche la passion de nous transporter, nous spectateurs. Il y a pourtant la musique (sublime) de Umebayashi, compositeur du grand Wong Kar-wai et quelques ralentis qui pourraient nous faire penser à In the mood for love ou 2046, mais sans grande conviction. Néanmoins, la force de Trishna réside dans sa vision de l'Inde actuelle, vivante, moderne, pauvre, bruyante et dont les villes (ici Bombay) sont créatrices de rêve (Bollywood, le cinéma, la danse) en comparaison avec la campagne, au Rajasthan, plutôt synonyme de dur labeur et douleur (l'avortement forcé par les conventions sociales, les traditions plutôt lourdes, la place des femmes). Le réalisateur transpose l'Angleterre victorienne en plein changement industriel dans une Inde "contaminée par une lutte des classes omniprésente" comme le dit très bien le synopsis officiel. 

Trishna se révèle en définitive plutôt bon, c'est un film au contraire de facture honnête mais qui s'essouffle dans sa seconde partie et fait seulement planer le spectre de la passion sans jamais nous submerger. Un Michael Winterbottom qui n'a pas la puissance émotionnelle d'Un été italien ou d'Un coeur invaincu.

 

Trishna de Michael Winterbottom

Sortie le 18 octobre par BAC films.

Découvrez aussi d'autres films sur Cinetrafic dans des catégories aussi variées que Film d’amour et Film romantique.

 

http://www.artificial-eye.com/trishna/images/Trishna-Film.jpg

Partager cet article

31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 20:15

 

Nouvellement arrivé dans le Queens pour son travail, Jonathan White, jeune flic, se retrouve confronté au poids de son passé.

Il arrive parfois que certains films sortis directement en DVD se révèlent des bonnes surprises. Avec le casting qu'affichait Un flic pour cible, on y avait presque cru, d'autant qu'il a été projeté à Sundance: Al Pacino, Ray Liotta, Katie Holmes, Juliette Binoche et Channing Tatum. Malheureusement, il n'en est rien. Le scénario fait des allers-retours qui le rendent confus (on passe le premier quart d'heure a essayé de comprendre ce qu'il se passe) et il est de plus en plus mauvais au fur et à mesure que le film avance. Il y a un côté également assez malsain, qui ne m'a pas plu. Et les personnages sont sans relief, sans psychologie, on ne comprend même pas certaines de leurs motivations. Seul le personnage du héros, Jonathan White , s'en sort à peu près (alors que l'acteur est d'habitude peu charismatique) ainsi que le personnage de Juliette Bincoche, que l'on s'étonne de retrouver là. Si la thématique du poids du passé et de comment vivre avec ce que l'on a fait plus jeune peut peser sur notre morale est intéressante (notamment dans le drame Boy A par exemple), elle est ici trop pauvrement traité pour attirer et séduire le spectateur. Pas étonnant donc que ceux-ci boudent ce polar raté. Je vous conseille de passer votre chemin pour cette fois.    

Découvrez aussi plein d’autres films sur Cinetrafic dans la catégorie Film à voir ainsi que la catégorie sortie cinéma.

Un flic pour cible de Dito Montiel
Date de sortie du dvd : le 1er juin
Distribué par la Metropolitan Filmexport

http://www.cinecustom.org/site/wp-content/uploads/2011/09/The-Son-of-No-One.jpg

Partager cet article

25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 18:28

 http://www.lyricis.fr/wp-content/uploads/2011/10/Les-Immortels-Photo-Promo-Octobre-02.jpg

 

 

Il y a quelques années un certain Zack Snyder, cinéaste en puissance, remettait au goût du jour le péplum mythologique avec un certain brio et une vision totalement neuve et entraînante (300). Tarsem Singh s'est inspiré fortement de 300 pour son nouveau film, Les Immortels, soit l'histoire de Thésée (le sexy Henry Cavill), jeune pêcheur qui décide de se battre contre Hypérion, le grand vilain de l'histoire (Mickey Rourke qu'on ne présente plus). Un an après le blockbuster Le Choc des Titans (qui n'a pas convaincu la presse et les professionnels, mais a réalisé un joli coup d'élcat au box office américain - qui a dit que les américains avaient bon goût?), le réalisateur indien se lance dans l'aventure mais peine à séduire malgré un péplum de meilleure qualité (mauvaise presse, box office moyen). Pourtant à comparer les deux films sortis à quelques mois d'intervalle, Les Immortels est en terme de mise en scène beaucoup plus recherché, innovant : plans travaillés, couleur cuivrée dominante, ralentis (à la manière de 300), style et violence graphique (avec notamment beaucoup de figures géométriques dans les décors et les objets)...Bref, Les Immortels tient plus du film hybride que du gros blockbuster, cela étant dû à la personnalité artistique de son réalisateur venu d'un cinéma plus expérimental. Malheureusement, il manque un supplément d'âme à ce péplum qui aurait pu être une grande tragédie épique, mais qui se contentera d'être un film sympathique (vu en 2D, je ne pense pas que la 3D amène grand chose) dans lequel les personnages peinent à séduire le spectateur : faiblesse du scénario, manque d'humanité, trop de manichéeisme et pourtant, le film est moins conformiste que le film de Louis Leterrier. Quand aux acteurs je les ai trouvé plutôt crédibles, contrairement à ce qui a été dit (à voir en version originale bien sûr). De John Hurt à Luke Evans en passant par la belle Freida Pinto, le réalisateur a su néanmoins rassembler des acteurs venus de divers horizons. N'est pas Snyder qui veut ! 

En bref: Loin du navet annoncé, Les Immortels a une vision plus graphique, plastique et moins conformiste de la mythologie que Le Choc des Titans. S'il est parfois un peu vain et le scénario un peu faible, Tarsem Singh surprend (c'est peut-être aussi cela qui a déplu).

 


DVD reçu grâce à l'opération DVDtrafic par le site Cinetrafic. Découvrez aussi plein d’autres films sur Cinetrafic dans la catégorie Film d'action et la catégorie Film fantasy. 

Les Immortels de Tarsem Singh

En DVD et Blu-ray le 23 mars

Distribué par la Metropolitan Filmexport

 

http://image.toutlecine.com/photos/l/e/s/les-immortels-immortals-23-11-2011-2-g.jpg

Partager cet article

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest